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Vive la marée — David Prudhomme et Pascal Rabaté [futuropolis]

Je connaissais les dessins de David Prudhomme pour son adaptation de L’étrange roman perdu de maître Brassens et Pascal Rabaté dans son excellent Ibicus et dans Les petits ruisseaux, deux romans graphiques assez contemplatifs. Le mélange des deux auteurs ne pouvait qu’annoncer du bon.

Vive la marée n’est pas une histoire, mais plutôt un carnet d’observation. Il s’agit d’une bande dessinée où il ne se passe pas grand chose. Normal! Ce sont les vacances! Le décor ou le terrain « d’observation sociologique » de ce livre est une station balnéaire en France. Les dessins sont remplis de détails: un maillot trop grand, un tatou, des lunettes jaunes, des mauvaises cartes postales… l’ensemble gagne en crédibilité sans alourdir les pages. De plus, le trait non réaliste, sans être caricatural, accentue habilement les particularités de chacun, ce qui est bien agréable. Les gros, les maigres, les grands, les hommes, les femmes sont croqués sur le vif, pas de top modèles, que du vrai monde.

BD Vive la marée

Donc, le lecteur devient spectateur d’une faune humaine que l’on peut croiser autour d’une plage. Il n’y a pas de personnages principaux, pas d’intrigue, juste des portraits, juste des anecdotes, juste des situations de vie, juste de l’humain, bon ou mauvais, dans toute sa splendeur. Afin de mieux vous plonger dans ce monde, voici une liste de citations qui laissent notre esprit imaginer le reste:

S’il pleut demain on fait quoi?

Mais t’es là, qui c’est qui surveille les sacs?

Matéo, mets pas du sable partout!

Faut toujours que monsieur n’en fasse qu’à sa tête!

Faudra pas t’étonner d’avoir la marque du Musso sous le nez!

J’ai dormi combien de temps?

La dame un peu forte d’hier, je l’ai vu coller un timbre.

J’ai fréquenté des plages moins fréquentées…

 

vive-la-marée BD

Finalement, on y retrouve un petit côté voyeur, mais sans la perversité, voyeur parce qu’on vit en proximité, voyeur parce que les relations humaines sont intéressantes, même passionnantes. On plonge donc dans la réalité et on se réfère à nos souvenirs, on se laisse bercer par de petits moments. Bref, on passe des vacances de 120 pages.

 

Dany Arsenault

Une réflexion sur “Vive la marée — David Prudhomme et Pascal Rabaté [futuropolis]

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