Toute la lumière que nous n pouvons voir

Toute la lumière que nous ne pouvons voir — Anthony Doerr

Dès que je l’ai vu, j’ai été attirée. Par le titre d’abord, puis la jaquette aussi m’a fait de l’œil. Les critiques semblaient unanimes. Mais les 600 pages du bouquin m’ont un peu refroidie… Ma pile de livres à lire était vertigineuse et me lancer dans la lecture d’un tel pavé m’aurait ralentie. Alors je reportais sans cesse sa lecture… Jusqu’à ce dernier week-end  de janvier…

Après 50 pages, je savais que j’avais entre les mains un p’tit bijou. Mais après 300, je pouvais affirmer qu’il s’agissait là d’une œuvre puissante, magistrale. Magnifiquement écrite!

Sur fond de Seconde Guerre mondiale, l’auteur américain Anthony Doerr (Le mur de la mémoire)nous propose de suivre le destin croisé de deux jeunes adolescents que rien ne semble lier au départ. Le premier s’appelle Werner. C’est un jeune orphelin allemand, brillant et curieux, élevé avec sa jeune sœur Jutta dans le Zollverein, un complexe industriel construit autour d’une mine de charbon: «un pays d’acier et d’anthracite, criblé de trous». Werner, qui est plutôt callé en physique,  se fera enrôler bien malgré lui par les Nazis pour ses connaissances en transmission radio. L’autre, c’est Marie-Laure, jeune française aveugle, elle aussi vive et curieuse. Elle adore lire et se perdre dans l’univers de Jules Vernes. Elle vit seule avec son père, serrurier au Musée d’Histoire Naturelle de Paris. Lorsque la guerre éclate, elle doit trouver refuge chez son vieil oncle Etienne qui vit à St-Malo. On entre ainsi dans la peau de ces deux gamins qui seront précipités dans un monde en pleine explosion. On nous raconte, en alternance, la guerre de l’intérieur, de chaque côté des frontières… Jusqu’à ce que les deux récits se croisent dans un St-Malo bombardé.

Sous le bruit des pas, elle distingue un grondement profond, presque un bruit blanc. Elle tire son père par la manche.
– Les Allemands ?
– L’océan…
Elle prend un air dubitatif.
– C’est l’océan, Marie. Je te le jure.
Il la porte sur son dos. Maintenant, c’est le cri des mouettes. Odeurs de pierres mouillées, de fientes d’oiseau, de sel, même si elle ignorait que le sel avait une odeur. La mer murmure dans une langue qui voyage à travers les pierres, l’air et le ciel. Que disait le capitaine Nemo ?
La mer n’appartient pas aux tyrans.

L’auteur nous emporte, dès les premiers chapitres, dans un récit historique et terriblement humain,  suivant les voix de deux jeunes gens qui deviendront bien malgré eux et sans le savoir, de véritables héros. Leur récit nous est livré, pièce par pièce, s’alternant dans de très courts chapitres qui oscillent entre 1934 et 1944. À mi chemin entre le récit de guerre et le roman d’aventure, cette œuvre, construite comme un casse-tête, avec de nombreux retour en arrière, se lit comme un thriller, mais avec la subtilité des grands chefs d’œuvre. Un roman captivant et bouleversant, doublé d’une écriture profonde et riche. Et lumineuse surtout.

Même les heures les plus sombres ne pourront jamais détruire toute la beauté du monde.

Mélanie

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