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Les filles bleues de l’été — Mikella Nicol — Cheval d’août éditeur

Au cœur de l’hiver, une nouvelle voix s’est fait entendre, s’est démarquée, celle douce et solide, authentique et puissante de Mikella Nicol, une jeune auteure de 22 ans.

fillesSon premier roman, Les filles bleues de l’été, nous révèle deux âmes meurtries, esseulées, « deux peaux vidées », solidaires dans leur désespoir. Deux récits nous sont ainsi offerts en alternance, se croisent et se font face. D’un côté, celui de Clara qui est rongée par la colère, celle que laissent dans leur sillon les amours blessés. De l’autre, celui de Chloé, submergée par la tristesse. Elles ont toutes les deux perdu leurs repères, se sentent étrangères où qu’elles aillent. Partout, sauf là-bas… ce lieu auquel elles appartiennent, au même titre que le vent, les feuilles, le lac. Ainsi, elles trouveront refuge dans le chalet de leur enfance, s’envelopperont dans les souvenirs, dans l’espoir de voir se dissiper le brouillard. Mais l’été laissera place à l’automne…

Le texte de Mikella Nicol, tout en métaphores et en suggestions, nous fait ressentir les choses. Nul besoin de nommer la douleur, nous la devinons, nous la ressentons au plus profond de nous. Nous avançons avec les deux jeunes femmes dans un récit-brouillard dans lequel plane le mystère. Nous avançons à tâtons et nous nous retrouvons avec elles au bord du gouffre, dans l’attente.

Un roman sublime, d’une douloureuse beauté.

Mélanie

CITATION

Je m’appelle Clara et je veux qu’on entende dans mon prénom les éclats de cet été, tombés sur le sol gelé. Que mon nom sonne comme un brise-glace dans la stérilité de l’hiver qui s’en vient.

 

Retrouvez cet article dans la revue LES LIBRAIRES disponible ici. Le libraire - Numéro 88