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NAUFRAGE — Biz [Leméac]

NAUFRAGE est une toute petite plaquette d’à peine 130 pages, mais qui  vous fera l’effet d’une brique; tant par la puissance du drame auquel nous sommes confrontés que par la force de l’écriture. Je dis nous, mais je devrais dire lui, Frédérick, qui verra sa vie anéantie par un drame terrible. Seulement, avec la justesse du ton, la sensibilité de l’auteur et la précision quasi chirurgicale des descriptions, le lecteur a l’impression de  vivre le drame à sa place. Ce qui nous oblige indubitablement à nous poser LA fameuse question : est-ce que ça aurait pu m’arriver à moi? Si oui, aurais-je réussi à me sortir la tête de l’eau ou me serais-je noyer?

Impuissants, nous assistons au NAUFRAGE de Frédérick, un fonctionnaire à la dérive. Malgré les notes joyeuses et pétillantes de gewurztraminer bien frais partagé avec sa belle et d’un gamin qui babille en lui sautant au coup, Frédérick voit du jour au lendemain sa vie professionnelle se vider de tout son sens. Employé de la fonction publique, il est convoqué un matin par son directeur qui lui annonce sa mutation au Service des archives pour des raisons de restructuration. S’amorce dès lors, au littéral comme au figuré, la lente descente aux enfers de Frédérick, un étage à la fois, jusqu’aux Archives, situées au sous sol d’un imposant immeuble, là où il n’y a aucune fenêtre sur l’extérieur.

À l’abri, dans mon cubicule, je ruminais ma honte. On m’avait traité comme du bétail et je n’avais rien dit. Pas le moindre beuglement. Je me retrouvais donc à ramasser mes affaires en marmonnant mon dépit. Des crayons, quelques dossiers, une calculatrice, un dictionnaire, un traité de statistiques et l’édition de poche de l’Iliade, l’ensemble des objets nécessaires à mon travail tenaient dans une petite boîte en carton.

S’ensuit une série d’événements dramatiques qui le conduira à l’innommable. Je ne vous vendrai pas la mèche, promis. Mais préparez-vous à être secoués. Et même préparés (je croyais l’être), l’effet est quasi suffoquant.

Avec son tout dernier roman, Biz explore avec justesse les thèmes de la culpabilité et du pardon, du jugement et de la compassion.

Une lecture puissante qui vous trottera dans la tête bien longtemps après avoir refermé le livre.

Mélanie

2 réflexions sur “NAUFRAGE — Biz [Leméac]

  1. Annie dit :

    Définitivement une lecture qui fait mal, qui bouleverse, qui chavire.
    Une lecture qui reste dans la peau pendant plusieurs jours.

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