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La mer, trois kilomètres à gauche — Suzanne Richard

Chaque livre est une île

Me voilà de retour des Ïles-de-la-Madeleine. Les cheveux ébouriffés et du sable plein les souliers.  Deux semaines à me faire venter par le suroît, à pagayer dans la lagune et à lire sur la plage, à l’ombre des falaises.  Je suis rentrée depuis quelques heures seulement… pour preuve, les valises dans l’entrée et des tonnes de sable sur le plancher, mais mon cœur, lui, est encore amarré là-bas… c’est le risque que l’on court lorsqu’on se rend aux îles. On n’en revient jamais totalement…

Afin de prolonger ces instants de bonheur et de vous permettre de vivre les îles à votre tour, même à distance, j’ai eu envie de vous partager mon récent coup de cœur littéraire : le recueil de nouvelles de l’auteure madelinienne Suzanne Richard : La mer, trois kilomètre à gauche, publié aux éditions La Morue verte.

Véritable coffre aux trésors, ce recueil, organisé en quatre parties, et rythmé par les saisons, nous raconte le quotidien de personnages colorés aux accents madelinots. On y fait la rencontre du p’tit Olive à Olivier, du collectionneur de cailloux, de la fausse veuve et de plusieurs autres personnages chez qui on aimerait bien aller boire un café. Chaque page, chaque mot, chaque saison, traduit l’insularité, le sel, la mer et le vent du large qu’on sent souffler dans chacune des histoires qui, si elle ne sont pas toujours drôles, finissent toujours par nous faire sourire. L’ouvrage est truffé d’anecdotes imagées et d’expressions colorées qui participent au charme de l’œuvre. Les textes sont courts, mais ils disent tout. Suzanne Richard maîtrise les mots admirablement et les économise pour en faire ressortir ce qu’il y a de meilleur. Un recueil tout en finesse que j’ai hâte de relire pour me retrouver à nouveau aux Îles-de-la-Madeleine l’espace d’un instant…

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Mon coup de cœur va aussi à la femme derrière les mots. Car après avoir dévoré son recueil d’une traite sur la magnifique plage des dunes du sud, à Havre-aux-Maisons, voilà que je la retrouve le soir même, assise au piano au Café de la grave. Une femme brillante et pétillante, une passionnée des mots, de la littérature et je dirais, sans la connaître vraiment, une grande amoureuse de la vie. Enfin c’est ce qu’elle inspire. Les quelques mots échangés avec elle au cours de cette soirée sont venus confirmer la richesse de cette auteure.

A votre tour maintenant de vous laisser bercer par la houle et le vent du large. Bonne lecture!

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« Toi, tu guettes la mer. Tes ragots sont les vagues qui heurtent le port et le vent qui fait pencher le foin sur la falaise. Aujourd’hui, il souffle du suroît. Des rafales du sud-ouest qui décoiffent. Et là tu as soif, tu as faim de sentir cette haleine traverser tes vêtements parcourir ton corps fouetter ton visage. […]. Sur le perron, tu fermes les yeux et inspires un grand coup. Ça sent le sel et le goémon. »

Éditions La Morue verte

Une réflexion sur “La mer, trois kilomètres à gauche — Suzanne Richard

  1. François-Alexandre Bourbeau dit :

    La sensibilité. Voilà quoi. Et aussi le mouvement du ressac, les notes salines. À coup sûr j’ai le goût de lire ce manuscrit!

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