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La colère de Fantômas tome 3: À tombeau ouvert

fantomasJulie Rocheleau est une bédéiste québécoise. Un titre simple? Pas du tout! Tout d’abord les illustrateurs québécois qui réussissent à être publiés dans de grandes maisons d’édition européennes ne sont pas légion. De plus, les femmes en bande dessinée se font rares. Julie Rocheleau possède donc un talent indéniable pour mériter ce titre, talent qui est grandement mis à profit dans La colère de Fantomas.

Les plus âgés d’entre vous ont peut-être connu l’œuvre originale de Marcel Allain et Pierre Souvestre, une série de 32 romans feuilletons dont le premier fut publié en 1910.Fantomas1911
Olivier Bocquet avoue évidemment s’être librement inspiré de ces romans. Son histoire tient toutefois en 3 tomes seulement, qui se laissent dévorer rapidement. La trilogie achevée est publiée chez Dargaud.

Fantomas, un vilain digne des grands maîtres de l’effroi prépare un coup fumant. Seul l’inspecteur Juve peut s’y opposer, mais il possède peu d’indices pour y arriver. L’histoire est bien ficelée et l’intrigue, toujours présente. Les marges de manœuvre des personnages principaux sont minces. Fantomas, l’homme aux cent visages, est partout mais son délit est si grand que l’erreur est impardonnable. Plusieurs personnages secondaires bien étoffés s’articulent autour des deux protagonistes pour épaissir le mystère et parfois nous permettre d’y avancer. Le tout est posé dans une ambiance franchouillarde du Paris de la Belle époque, mêlant très habillement le burlesque, le romantisme et une violence cruelle, mais pas gratuite.

La jeune illustratrice s’exprime dans des teintes de verts et d’orangé avec beaucoup de noir. Surtout pendant les passages de l’énigmatique Fantomas. Ses dessins sont splendides, elle a su créer un style bien à elle et donne du mouvement aux scènes de poursuite et de combat. Elle marque les émotions par des gros plans sur les visages en bas de pages, ce qui ponctue et rythme la lecture.

Dans ce duel épique, il est difficile de prendre parti. On s’attache aux deux fortes têtes. Et le tome trois vient marquer la fin de cette rencontre. Évidemment, on voudrait que le bien triomphe, mais en est-il toujours ainsi? La scène finale se déroule dans le musée Grévin, endroit choisi par le bandit. Le combat est tout à fait fabuleux. Le scénariste et l’illustratrice y ajoutent quelques symboles et référents pour faire résonner encore plus fort l’émotion vécue par le lecteur qui refermera la quatrième avec le désir de recommencer sa lecture pour apprécier encore les nuances de cette épopée.

Dany Arsenault

 

La série complète est disponible sur le site

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