La bête à sa mère — David Goudreault [stanké]

mèreDavid Goudreault nous offre à lire un premier roman PERCUTANT! Et troublant aussi. La lecture à peine entamée, le lecteur réalise rapidement qu’il tient entre les mains quelque chose de grand. Un roman qui fera sa marque dans le paysage littéraire québécois.

Le poète slameur et travailleur social prête sa voix à un jeune adolescent sans nom, un p’tit escroc perdu en quête d’une mère. Perdue elle aussi. Une mère suicidaire qui est disparue du décor familial lorsque les services sociaux ont pris le relais. Le père ayant toujours été absent du décor, il se retrouve seul et se met à collectionner les familles d’accueil et les baffes.

Il nous racontera tout son parcours dans les moindres détails: les nombreuses tentatives de suicide de sa mère, sa dépendance au jeu, sa consommation excessive de drogue, ses compulsions, son caractère violent… et ce, de façon assez crue. Il faut dire qu’il aime provoquer. Ne voyons pas cela comme un acte de confession ou une façon de se repentir. Non. Il tente simplement d’expliquer, de justifier chacun des ses gestes.

Nous pourrions être tentés de le traiter de petit cri… tellement les actes qu’il pose parfois sont monstrueux, mais nous nous ravisons. Pourquoi? Parce que nous nous y attachons à ce petit voyou et parce qu’aussi, tout s’explique.

Parce que quand on gobe des amphétamines à l’âge où on devrait se contenter de manger le macaroni que maman nous a préparé pour dîner;

qu’on vole, triche, tabasse pour attirer l’attention au lieu de simplement avoir à tirer sur sa jupe pour lui demander un truc;

qu’on martyrise ou tue des animaux pour faire taire la rage qui nous habite au lieu de simplement claquer la porte comme le font souvent les ados lorsqu’ils se voient refuser une permission;

qu’on finit par avoir l’habitude de retrouver sa mère au bout d’une corde ou dans une marre de sang, plutôt que dans sa voiture à nous attendre à la fin des classes…

Eh bien, y’a quelque chose qui cloche. Tout ça… ce n’est pas le parcours normal d’un jeune garçon candide, on le devine. Alors immanquablement, nous cherchons à comprendre et nous nous rendons jusqu’au bout de ce roman avec une boule dans l’estomac, parce que cet adolescent sans nom pourrait en avoir mille.

David Goudreault possède une plume élégante et riche et il nous offre, avec La bête à sa mère, un grand moment de lecture.

Mélanie

2 réflexions sur “La bête à sa mère — David Goudreault [stanké]

  1. François-Alexandre Bourbeau dit :

    Tout un tour d’horizon coup de poing!!! Un cri de survie qui fait frémir!

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