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Ma rentrée littéraire d’hiver

Avec toutes les sorties prévues dans les prochaines semaines, l’hiver s’annonce bien rempli!!! Parmi les nouveautés de la rentrée 2016, il y a des auteurs que je suis heureuse de retrouver  (Kim Thuy, Meg Wolitzer) et d’autres que je suis drôlement contente de découvrir (Sean Michael, Mark Lavorato)… Il y a aussi  des titres que je sentais venir et que j’attendais avec impatience (La bête et sa cage, David Goudreault)… Bref, voici un p’tit topo (très personnel) des titres qui m’ont fait de l’œil et qui  s’ajouteront sur ma liste de lectures cet hiver. Il y a là-dedans de quoi me tenir au chaud jusqu’au printemps!

–JANVIER–

CORPS CONDUCTEURS  (Sean Michaels – Alto)      -LECTURE EN COURS!!!-

corpsL’apocalypse surviendrait qu’il ne s’en rendrait pas compte. Séquestré dans une cabine du Stary Bolchevique voguant vers Leningrad, un inventeur écrit une missive à Clara, son aimée. Scientifique, espion, musicien, maître de kung-fu et prisonnier, Léon Thérémine est avant tout amoureux. Comme les notes de l’invention qui porte son nom, les mots qu’il adresse à celle qu’il aime voyagent dans les airs, traces éthérées de son cœur déchiré entre la Russie et New York, Carnegie Hall et le goulag, la science et l’inexpliqué. Avec la maestria d’un virtuose, Sean Michaels mêle l’histoire et la légende dans ce premier roman couronné par le prix Giller.

 

Serafim et Claire (Mark Lavorato – Marchand de feuilles)

serafimClaire est une danseuse dont la réputation croît rapidement dans les théâtres du Montréal des années 1920. Serafim Vieira, photographe, est un immigrant solitaire qui erre dans les rues de la même ville, hanté par le souvenir d’un amour perdu dans son Portugal natal. Autour d’eux, la clameur des années folles et le bouillonnement de la métropole : des politiciens corrompus, l’essor du jazz, l’émergence du mouvement des suffragettes, les troubles dans le quartier chaud, le fascisme au cœur de la communauté italienne, tout cela sur la toile de fond de la division entre anglophones et francophones.

 

Autres titres à surveiller en janvier:

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bilan 2015_2

Bilan lectures 2015

Rapide coup d’œil sur mes lectures de 2015: révélations, déceptions (très peu), découvertes (nombreuses!)… le plus beau, le plus triste, le plus rigolo, le top du top, le tant attendu…
  • Nombre de livres lus: 60 (romans, BD, livres d’art, recueils de poésie, nouvelles, essai, albums jeunesse)
  • Le premier livre de l’année: Les filles bleues de l’été (Mikella Nicoll) — Saisissant!!!
  • Ma révélation: La bête à sa mère (David Goudreault) — PERCUTANT!!!
  • Mon plus GROS coup de cœur: La femme qui fuit (Anaïs Barbeau-Lavalette) — Magistral!!!
  • Celui que j’attendais avec impatience: Les maisons (Fanny Britt) — Quel talent!!!
  • Le plus beau souvenir de lecture: La mer, trois kilomètres à gauche (Suzanne Richard) – Une magicienne des mots! Ce recueil, je pourrais le relire cent fois…
  • La plus belle page couverture: Les intéressants (Meg Wolitzer)
  • Celui qui m’a fait pouffer de rire: Le théorème du homard (Graeme Simsion) — Original!
  • Celui qui m’a arraché les larmes: Juste avant le bonheur (Agnès Ledig)
  • Le plus angoissant: Elle (Harriet Lane)
  • Celui que je n’ai pas terminé: Temps glaciaire (Fred Vargas) — Mais je n’ai pas dit mon dernier mot)
  • Le plus intime: Blues nègre dans une chambre rose (Jennifer Tremblay) Ex aequo avec: Blanc dehors (Martine Delvaux)
  • Celui qui fait du bien: La vie par 7 (Holly Goldberg Sloan)
  • Ma plus grande surprise: Va et poste une sentinelle (Harper Lee) — La suite de NE TIREZ PAS SUR L’OISEAU MOQUEUR qui arrive après plus de cinquante ans!
  • Pour mieux comprendre et moins juger: MATISIWIN (Marie-Christine Bernard) / NIRLIIT (Juliana Léveillé-Trudel)
  • Mon p’tit trésor d’album jeunesse: Rébellion chez les crayons (Drew Dewalt)
  • Petit bijou d’écriture: Au péril de la mer (Dominique Fortier)
  • Graphisme saisissant: Le Sculpteur (Scott McCloud)
  • Imaginaire foisonnant: Le ciel nous appartient (Katherine Rundell)
  • Le titre le plus farfelu: (mais moins que le précédant): La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel (Romain Puertolas: auteur du EXTRAORDIANIRE VOYAGE DU FAKIR QUI ÉTAIT RESTÉ COINCÉBILAN DANS UNE ARMOIRE IKEA)
  • Ma plus GRANDE découverte : l’auteure Aki Shimazaki — J’ai bien l’intention de lire son œuvre en entier! Écriture sobre et élégante.

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Road trip littéraire en Gaspésie

Le tour de la Gaspésie est un circuit de rêve pour quiconque aime la mer, le vent du large et les paysages contrastés. Pas étonnant que cette région ait marqué l’imaginaire de nombreux auteurs. Je vous invite donc à prendre la route et à découvrir la Gaspésie à travers les mots de Jacques Poulin, Gabrielle Roy, Madeleine Gagnon et plusieurs autres.

C’est parti! Direction : le bout du monde!

Vallée de la Matapédia 

À partir de Sainte-Flavie, la presque mythique route 132, ce ruban de 885 kilomètres ceinturant la Gaspésie, propose deux points de départ : nous opterons pour le Sud et traverserons la Vallée de la Matapédia, longerons ses splendides rivières à saumons et ses falaises abruptes pour aller se détendre sur les plages de la Baie des Chaleurs.

Premier arrêt: Amqui. Le village qui a vu naître Madeleine Gagnon, poète, essayiste et romancière maintes fois récompensée. Cette dernière nous raconte, dans son autobiographie Depuis toujours (Boréal), la Gaspésie de son enfance peuplée de doux souvenirs: « La grange, ses animaux et son foin, mais aussi le bosquet […] où la température était clémente, fraîche sous la canicule et chaude par grands froids d’hiver; les champs qui s’étendaient loin jusqu’au lac à truites et jusqu’à la forêt d’orignaux. »

Roulons encore quelques kilomètres sur le chemin sinueux de la vallée et quittons quelques instants la route 132 pour découvrir le décor panoramique des Plateaux : un rendez-vous magique avec la nature et l’écriture de Mahigan Lepage.

Dans son roman Coulées (Boréal), publié en 2012, le poète et romancier raconte les territoires et les paysages qui ont façonné son identité, il y décrit le décor de son enfance dans un langage très imagé donnant au lecteur l’impression de prendre place à ses côtés : « La route se collait de près à la rivière Matapédia, suivait ses méandres, s’accrochait aux chevilles des montagnes. Par endroits s’élevaient des murs de roche dynamitée, surfaces lisses et verticales dont certains avaient profité pour exprimer, en des graffitis aux couleurs diverses, leur amour de Jésus ou de Julie. »

     

Baie-des-Chaleurs

Le décor défile dans le rétroviseur et nous voyons disparaître peu à peu la vallée verdoyante. Vous sentez l’odeur de l’air salin? Nous y sommes enfin, dans la belle et somptueuse Baie-des-Chaleurs!

« Ici, ce n’est pas l’océan avec ses hauts rideaux de vagues, ses plages de farine et son horizon qui donne un sens noble et excessif à l’idée de profondeur. Non, ici c’est une véritable baie. Conciliante, imparfaite, presque humaine. Mais tout le long de la côte, à l’est comme à l’ouest, même si parfois le regard est arrêté par une courbe du littoral ou par le bras de la province voisine, on dit la mer. » (Noces de sable, Rachel Leclerc, Boréal)

La mer, en Gaspésie, est partout. Elle façonne le décor, la langue, l’identité, comme « une courtepointe. Des morceaux de vagues attachés par des fils de soleil. » (Nous étions le sel de la mer, Roxanne Bouchard, VLB)

Que diriez-vous d’une petite sortie en mer pendant que nous y sommes? Laissez-vous bercer par les vagues, voyez l’eau qui « déploie son tapis houleux contre la coque du voilier et fait vaciller les facettes brisées du levant. Le vent gonfle les voiles, le rouge éblouit l’horizon, l’aube empli la mer de couleurs et transforme cette histoire en fresque écarlate. » (Nous étions le sel de la mer)

Il est maintenant temps de rentrer.

La pointe

De retour sur la terre ferme, nous reprenons la route et roulons jusqu’à Port-Daniel, là où Gabrielle Roy a passé de nombreux étés dans les années 1940 et 1950. Elle nous raconte son coup de cœur pour Port-Daniel et ses habitants dans son livre à caractère autobiographique Le temps qui m’a manqué (Boréal): « que j’aime ce coin-ci! Plus je le connais et plus mon attachement est grand. » C’est d’ailleurs dans ce village qu’elle écrira son premier roman, Bonheur d’occasion.

Nous nous rapprochons lentement de l’Impressionnant et majestueux Rocher percé, celui qui a tant fasciné André Breton lors de son passage en Gaspésie à l’été 1944. Il le décrit dans Arcane 17 comme « une nef toujours impérieusement commandée [..] frétée pour le plus vertigineux des voyages au long cours » et nous invite aussi à découvrir l’Île Bonaventure où le « repos des oiseaux épouse les anfractuosités de cette muraille à pic. »

Jack Waterman, l’alter ego de Jacques Poulin, s’est lui aussi rendu jusqu’à Percé à bord de son biblio-bus lors de sa Tournée d’automne (Leméac) en 1993. De là, il a pris la première barque qui partait pour l’Île Bonavenure pour assister au spectacle grandiose que nous offre les fous de l’île : « Entre le bord de la falaise et une clôture de bois s’agglutinaient, en une masse mouvante et piaillante, plusieurs milliers d’oiseaux à la tête blanche casquée de jaune; ils pointaient le bec en direction de leurs congénères qui tournaient au dessus d’eux, venant de la mer bleu foncé où ils avaient plongé pour attraper un poisson. »

Jack s’était aussi arrêté dans la Baie-de-Gaspé une dizaine d’années plus tôt, dans son Volkswagen blues (Leméac). Il y a avait trouvé « des bancs de brumes sur la Baie » et avait vu le soleil se lever avant de reprendre la route qui le mènera bien plus tard jusqu’à San Francisco.

              

La Haute-Gaspésie

Nous longeons maintenant le littoral nord et accompagnerons la poète Laure Morali jusqu’à Cap Chat. Avec elle, nous allons écouter les gens nous parler de « l ‘eau devant la porte, de la montagne et des forêts derrière les fenêtres… » Nous allons voir le décor prendre vie sous sa plume: « Il est des presqu’îles au pelage d’herbes souples qui allongent de lourdes pattes vers l’horizon, comme des lionnes au repos. Certaines pointes ont une posture d’affût. On les dirait prêtes à saisir les bateaux dans leurs griffes de récifs pour les étouffer contre leur flanc… »  (La route des vents, La part commune)

La Métis

Nous voilà déjà à la fin du parcours. Tant de kilomètres parcourus, de livres sillonnés. Bientôt la boucle sera bouclée. Nous traversons Métis Beach et ses « pins majestueux, les épinettes, les haies de cèdres centenaires, et les grandes demeures d’été avec leur court de tennis… […] la végétation […] dense et vigoureuse. » Nous aurons droit pour notre retour, comme un cadeau du ciel, « à un de ces couchers de soleil rouges flamboyants. » (Métis Beach, Claudine Bourbonnais, Boréal.) Savourons le spectacle.

C’est ici qu’on se quitte. J’espère que vous avez fait bon voyage*!

Mélanie

*VOYAGE : Art d’aller porter un peu de soi là-bas et de ramener chez soi un peu d’ailleurs, pour le pire ou pour le meilleur.

(Philippe Garon, Ton dictionnaire du bout de la terre, Perce-Neige)

12-août-3

Le 12 août, j’achète un livre québécois… ou deux… ou trois…

Notre littérature est belle. Elle est riche et diversifiée. Elle est plus que jamais vivante. Soyons-en fière et célébrons-la!

Et surtout, partageons-la! Voici donc, en ce 12 août, mes 12 coups de cœur québécois! 12 août

Vous comprendrez que j’ai dû me limiter… car la liste aurait pu continuer de défiler ainsi pendant un p’tit moment… quand je pense à Christine Eddie (PARAPLUIE, CARNETS DE DOUGLAS), à Dany Laferrière (L’ODEUR DU CAFÉ), tout Jacques Poulin, Félix Leclerc et ses PIEDS NUS DANS L’AUBE, Saint-Denys Garneau…

La liste ne sera jamais assez longue. Et il ne sera jamais trop tard pour découvrir ou redécouvrir la richesse de notre littérature.

L’invitation est lancée. Bonne lecture!

Mélanie