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L’homme montagne — Séverine Gauthier et Amélie Fléchais

J’ai lu cette BD l’automne dernier et j’avoue l’avoir grandement appréciée. Lorsque j’ai appris qu’elle s’était méritée la mention BD de l’année sur le très reconnu site BDgest, j’ai décidé de partager avec vous ce beau moment de lecture.

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Comme son titre l´indique, le personnage principal est un enfant qui deviendra une montagne. Son grand-père étant trop vieux, il doit se poser et devenir une vraie montagne. Il est question de son dernier voyage… L’enfant entreprend donc un voyage initiatique pour comprendre celui de son grand-père. Il y rencontrera un arbre, qui lui parlera de ses racines, des pierres qui lui parleront du chemin de la vie, des boucs qui lui parleront de l’amitié et il finira par rencontrer le vent qui lui révèlera un grand secret. Le récit, sous forme de fable philosophique, est empreint de non-dits et d’images à double sens qui participent à créer un atmosphère magique dans lequel chaque lecteur y trouve sa propre signification. »

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Aux illustrations, Amélie Fléchais joue avec les transparences et les pastels dans des dessins plutôt naïfs, sans respecter les proportions réelles. Sa démarche est très artistique. Si elle communique bien les émotions, sa virtuosité se situe davantage dans les décors et les ambiances qu’elle crée avec de petits appliqués, de petites répétitions… L’ensemble est sublime! Les personnages ayant une forte charge significative, elle choisit donc de mettre l’accent sur la lisibilité en épurant les acteurs et en les entourant d’un aura riche et révélateur. Lire la suite

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TITEUF t.14: Bienvenue en adolescence

BD-Titeuf-14Une bande dessinée de Titeuf, c’est toujours un événement!  La populaire série a d’ailleurs battu de nombreux records de vente par le passé. Même si le phénomène Titeuf semble vouloir s’essouffle un peu, il n’en demeure pas moins que Zep demeure habile avec ses personnages.

Fort de son succès Nadia se marie, Zep nous revient avec une formule gagnante: une histoire en continue avec des blagues à chaque page.  Les revirements sont surprenants et le récit est efficace, bien que peu étoffé. Notre héros à la longue mèche se fait quitter par Ramatou et Nadia pour cause d’immaturité. Sa solution est simple: il veut devenir adolescent! Les blagues sont bonnes, on reste dans le « pipi-caca » qui a fait les heures de gloire des auteurs du Tchô magazine et on vise plus haut aussi. Zep nous offre une vision de la vie à travers les yeux et la logique d’un enfant de 7 ans, et c’est drôle! Par contre, en restant dans le thème de l’adolescence, les boutons, les poils, il y a parfois redondance. Il manque aussi les thématiques sociales. Nous avions droit auparavant à des réflexions, tordues et tordantes, sur l’immigration, le chômage, la séparation, la politique… Pas cette fois-ci.titeur ado

Les illustrations sont très évocatrices. Zep s’amuse puisqu’il maitrise à la perfection son univers. Quelques métaphores sont si bien illustrées qu’elles font presque naître une trame sonore dans l’esprit du lecteur. Que ce soit les expressions, le mouvement, les décors, les retours dans le temps ou même la couleur, l’ensemble de l’aspect graphique charme au premier coup d’œil.

Zep a diminué sa fréquence de publication, a perdu aussi un peu de son lectorat, mais il demeure néanmoins un auteur important de sa génération. Lire la suite

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Petit Poilu t.17: À nous deux

Couv_249405Une bande dessinée de Petit Poilu est probablement le plus beau cadeau que vous puissiez faire à un enfant de 5 ans et moins. Cette série de livre acclamée par les lecteurs, la critique et le monde enseignant est une petite merveille!

Les 17 tomes de la série sont construits sur un canevas rassurant et amusant pour les jeunes. Petit Poilu se lève, prend son déjeuner, part pour la garderie et là, tout bascule. Il se retrouve dans une aventure magique et rencontre toutes sortes de personnages. À chaque fois, il rencontre une difficulté qu’il devra tenter de surmonter. Dans ce tome-ci, il fait face aux moqueries de ses camarades de classe.  (À chaque fois, le problème peut faire l’objet d’une belle discussion avec le jeune lecteur.) Ensuite, la photo de sa maman et une petite pause lui permettent toujours de trouver une solution à ses problèmes.  Il se fait même un nouvel ami. Tout s’arrange et l’album finit par un Petit Poilu qui rentre à la maison et prend un repas en famille. De son aventure, il lui reste toujours un objet souvenir qu’il contemple avant le dodo. Les petits lecteurs sont rassurés et tout finit bien.petit-poilu,-tome-17-----nous-deux---613951

La bande dessinée sans texte est souvent sous estimée. Il n’est pas facile de bien raconter une histoire sans utiliser de mots. Le dessin, bien que naïf, doit être très efficace. Les auteurs prennent donc les cases comme des blocs narratifs, des morceaux de phrases qui, ensemble, construisent un sens. L’enfant peut donc lire seul! Cette autonomie et ce plaisir visible face au livre favorisent son entrée à l’école à plusieurs égards.

PlancheA_249405Petit Poilu est un personnage attachant, pas toujours parfait, mais plein de bonne volonté. Malgré leur grande richesse pédagogique, ces bandes dessinées ne sont pas racoleuses du tout. Au contraire, par leur couleur, leur douce irrévérence parfois, leur éclat, les rebondissements, les lieux littéraires, les personnages de tout acabit, ces livres ouvrent grand les portes de l’imagination et offrent aux enfants toute la beauté qu’un lecteur devrait vivre en entrant dans le monde de la lecture.

Prenez plaisir à découvrir l’univers du Petit Poilu en cliquant ici. Vous y trouverez plein d’idées d’activités!

Dany Arsenault

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Les nombrils 7: un bonheur presque parfait

Nombrils7_2Marc Delafontaine et Maryse Dubuc, Delaf et Dubuc, sont une fierté nationale. Avec leur série Les nombrils, ils sont devenus de véritables vedettes en Europe et leur série remporte un grand succès dans le célèbre journal Spirou. Adorée des Québécois également, la sortie de chacun des numéros devient un véritable événement chez nous.  Et voilà qu’ils nous offrent un tome 7 tout à fait canon!

La série Les Nombrils est passée d’une simple BD humoristique à un thriller inquiétant dans le tome 6. La barre était donc haute pour le dernier opus. L’ingéniosité et surtout l’intelligence des auteurs peuvent nous rassurer. Le tome 7 passe le test! Vicky a trouvé la perle rare, un beau mec parfait pour ses parents… Mais Mégane, la nouvelle belle-sœur, ne laisse pas Vicky indifférente… Pour Jenny, le moche Hugo lui fait grand bien, mais il vaut mieux sortir avec Jean-Franky et ses 6 beaux abdos, il y va de sa réputation tout de même. Karine, elle, se lance à plein dans son groupe, mais Albin a le moral à plat. Bref, elles vivent toutes un Bonheur presque parfait!

La richesse et le succès de cette série sont grandement dûs au fait que les auteurs tiennent leurs lecteurs en grande estime. Les thématiques abordées sous le couvert de l’humour sont des sujets qui touchent le lectorat. Ici, dans le tome 7, il est question du regard des autres, de l’acceptation de soi, du respect de ses rêves et de ses convictions et même de l’homosexualité. Sans jouer le rôle de travailleur social, la BD amène une ouverture et une réflexion saine aux jeunes lecteurs sans pour autant nuire au récit, ni ennuyer les plus jeunes. Mais, il ne faut pas oublier l’essentiel: l’histoire est bonne, les blagues sont drôles et le livre nous offre un très agréable moment de lecture. Un divertissement de haut niveau!Nombrils7_3

Le dessin de Marc Delafontaine aussi évolue grandement. Mentionnons tout d’abord que les mimiques des personnages sont toujours justes, c’est un élément important. Mais ce qui me plait surtout, ce sont les décors et les accessoires. L’illustrateur joue avec des détails fins pour créer une ambiance crédible, que ce soit dans le taudis chez Jenny ou le palace chez Vicky. Cette qualité permet une relecture intéressante, surtout sachant qu’il aime cacher dans les foules des personnalités connues. Finalement, soulignons la qualité de la coloration. Les dégradés sont beaux, la balade sur le bord du lac est remarquable, le ton est parfait et la lisibilité en sort gagnante.

Malheureusement, cette BD de grande qualité souffre encore de quelques préjugés. (Lorsque j’étais jeune, j’étais amateur d’Astérix et pourtant, je n’ai jamais porté les braies ni les tresses. ) Pour tous les autres qui lisent « dangereusement », le plaisir est garanti, les Nombrils sont de retour!

Dany Arsenault