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Blues nègre dans une chambre rose — Jennifer Tremblay

bluesJennifer Tremblay nous offre un récit de l’intime, criant de vérité, une confidence aux accents blues sur fond de nuits blanches, révélant au jour une passion dévorante, un amour qui consume.

Ce roman se veut pour Fanny, la narratrice, un récit-exutoire dans lequel elle s’adresse à Bobo, son amant-musicien noir comme la nuit. Elle est obsédée par lui, par sa peau « imbibée d’un parfum imaginé par Dieu ». Elle se donne à lui tout entière, s’abandonne totalement à leur histoire qui deviendra un véritable manège infernal. Malgré tout, elle en savoure chaque heure, des heures « incroyablement douces et heureuses jusqu’à l’heure du départ ». Jusqu’à se perdre.

Un jour, je t’ai écrit que je t’attendais, qu’il y avait de la place pour toi dans ma maison. Tu m’as répondu l’amour est un incendie.

Totalement désorientée, elle choisira le silence et la nature comme refuge. Elle se lance alors dans d’une longue lettre à celui a aimé ou aimera peut-être toujours. Fanny noircira ainsi 3 cahiers, les noircira de souvenirs, se rappellera les nuits d’amour, l’exaltation puis l’attente, les déceptions, le manque et à nouveau le désir et l’espoir. Et puis les jettera au feu sans même qu’il les lise, espérant peut-être ainsi se guérir de lui.

Mais peut-on vraiment se guérir d’une passion comme celle-ci, d’un amour-incendie, ou doit-on la laisser nous consumer totalement jusqu’à ce qu’il n’en reste que des cendres et espérer ultimement pouvoir en renaître? Un roman poétique d’une grande intensité.

Mélanie