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Au péril de la mer – Dominique Fortier (Alto)

péril merNous jugeons parfois un livre à sa couverture, d’autre fois nous nous laissons convaincre par le résumé ou une critique bien placée et certaines fois encore par la phrase d’ouverture. Celle qui va ou non nous convaincre de poursuivre notre lecture.

Ici, tout est au rendez-vous. Tout nous appelle à la lecture. Il suffit d’ouvrir le roman à n’importe qu’elle page, de lire n’importe quelle phrase au hasard et nous tombons aussitôt sous le charme de l’écriture de Dominique Fortier. Chaque phrase est belle, riche et précieuse. Dès la première ligne, le lecteur est envoûté. Et la magie continue d’opérer jusqu’à la dernière page.

La première fois que je l’ai vu, j’avais treize ans, un âge dans les limbe entre l’enfance et l’adolescence, alors qu’on sait déjà qui l’ont est mais qu’on ignore si on le deviendra jamais.

N’est-ce pas que c’est beau? Touchant… Poétique aussi…

Et ça se poursuit ainsi, page après page. Pas un mot de trop. Chacun d’eux est bien choisi et trouve sa place dans un assemblage qui frôle la grâce.

Au delà de l’histoire de ce peintre éploré par la mort de sa muse qui hante les murs gris de l’Abbaye du Mont St-Michel au cœur du 15 siècle et de cette romancière qui le découvrira cinq cent ans plus tard, le véritable sujet de ce roman, c’est l’amour des livres et des mots. Cet ouvrage est en fait, un hommage aux livres et à la langue, aux mots et à leur racine.

Plus que des maisons de pierre et de bois, nous habitons d’abord des cabanes de mots, tremblantes et pleines de jours. On dit je t’aime pour se réchauffer; on dit orange, et l’on sent ses doigts; on dit il pleut pour le plaisir de rester à l’intérieur, pelotonné près de la lumière du mot livre. (Livre qui vient de liber : la partie vivante de l’écorce d’un arbre, mais aussi liberté.)

Plongez au cœur de ce roman, laissez-vous envoûter par cette écriture intelligente et d’une grande beauté!

Mélanie

5 réflexions sur “Au péril de la mer – Dominique Fortier (Alto)

  1. Chantal dit :

    Eh bien moi je me suis laissée envoûter! À un point tel que je n’ai pu résister et me suis laisser prendre (ou surprendre) à en lire des passages à haute voix. Bien peu de livres m’ont offert une telle magie au cours de mes lectures.

  2. Caroline Lacombe dit :

    Gros coup de coeur pour ce livre. Tout y est magnifique. Comme vous le mentionnez, pas un mot de trop, poétique. J’ai surligné de nombreuses fois… Comme celle-ci: « En vérité, j’avais peur, comme chaque fois qu’on revient sur les lieux de son enfance, de les trouver diminués, ce qui signifie de deux choses l’une: ou bien ils nous étaient apparus grands que parce que nos yeux étaient petits, ou bien nous avions perdu en route la faculté d’être ébloui, deux constatations également accablantes. » Ou encore celle-là: « En attendant, des hommes il y a mille ans ont construit de la dentelle dans du granit pour grimper jusqu’à Dieu » Que c’est beau! Bravo pour votre carnet, que je viens de découvrir!

  3. admin dit :

    Merci Caroline pour tes bons mots! En effet, ce roman est un véritable petit bijou! Et quelle maîtrise de la langue!!! Dominique Fortier est une magicienne des mots, littéralement. Elle m’a conquise.

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